Chacun connaît mon aversion pour les réseaux sociaux. À ce titre, franchement, qui peut encore croire que les réseaux sociaux favorisent les rapports sociaux ?
Regardons les choses froidement. Les réseaux sociaux – dont les débuts remontent à la création de Facebook en 2004 par Mark Zuckerberg, alors étudiant, et qui n’avait que pour seul objectif, dans une mysoginie crasse, de noter le physique des jeunes étudiantes – sont devenus le royaume des narcissiques, des nombrilistes et des m’as-tu-vu. Un royaume où les gens y échangent parfois jusqu’à l’excès ou la haine, par écrans interposés plutôt qu’en direct.
Avec les réseaux sociaux, l’individualisme est fait maître. Alors certes, on peut voir ici où là des chaînes de solidarité (n’y en avait-il pas avant les réseaux sociaux ?), mais cela reste bien faible face aux bien trop nombreuses dérives.
A commencer par le harcèlement en ligne dont les premières victimes sont les femmes et les enfants. Sans oublier qu’à coups d’algorithmes fallacieux, les usagers des réseaux sociaux restent dans une forme d’entre-soi, figés dans un tunnel aux parois rigides.
Sans oublier encore tous les jeux de manipulation dont les citoyens sont constamment victimes, à l’image du scandale Cambridge Analytica de 2016, trop vite enterré. Autant de coups de canif dans notre contrat social.
Alors non, les réseaux sociaux ne remplaceront jamais les échanges directs et humains : la famille, les collègues de travail, le secteur associatif, les rencontres politiques, culturelles, philosophiques ou cultuelles, et j’en passe ! Là se trouvent les rapports sociaux les plus sincères, qui sont bien plus précieux que les contours de nos nombrils et qui valent bien plus aussi.
Je ne cesse de le répéter à l’envi, avec l’énergie qui est la mienne et d’autant plus à celles et ceux qui se disent progressistes, il faut sortir de ces réseaux sociaux dont il faut me prouver d’ailleurs qu’ils favorisent un mieux-être social.
Il faut redonner du sens à notre rapport aux autres. Moins d’écran, plus d’humanité !
L’espoir est permis. De plus en plus de jeunes, issus de ce que l’on appelle la génération Z, quittent les réseaux sociaux fatigués d’une pression numérique jusqu’à saturation. Ils souhaitent retrouver leur esprit critique, leur liberté d’agir et de penser et le sens du collectif.
Que leur salut soit aussi celui du plus grand nombre !