Les informations transmises par le ministère de l’économie à la commission des Finances du Sénat sont sans ambiguïté : 13 335 foyers assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière, ne paient aucun impôt sur le revenu.
Il s’agit des détenteurs des patrimoines immobiliers les plus élevés de France, au minimum 1,3 million d’euros— dont un foyer déclarant 142 millions d’euros-.
Cette réalité illustre l’ampleur des mécanismes d’optimisation fiscale agressive qui, par le jeu combiné des dispositifs dérogatoires, des crédits d’impôt et des montages via des holdings, permettent d’échapper à l’impôt.
Et nous ne parlons ici que de patrimoine immobilier alors que les « ultrariches » possèdent surtout du patrimoine financier. Sa prise en compte accentuerait encore plus le phénomène.
Ces révélations contredisent frontalement les déclarations de la ministre du Budget, Mme Amélie de Montchalin, qui affirmait devant la représentation nationale qu’« il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu » et qu’aucun document de Bercy ne l’établissait.
Dès lors, nous sommes en droit de nous interroger : comment de telles informations ont-elles pu être niées devant la représentation nationale ? Ont-elles été écartées volontairement du débat budgétaire alors qu’elles mettent en lumière l’ampleur des injustices fiscales ?
Reconnaissons qu’elles auraient été bien utiles au moment où le gouvernement, la droite et l’extrême-droite faisaient front commun pour s’opposer à toute taxation supplémentaire des ultrariches, et des holdings.
C’est notamment pour cette raison que je me suis opposée, avec mon groupe parlementaire, au projet de loi de finances pour 2026.
Un budget organisant la rigueur pour les services publics et les collectivités tout en reconduisant les privilèges fiscaux des plus fortunés ne pouvait, en aucune manière, être cautionné. Comment exiger des efforts du plus grand nombre tout en maintenant des mécanismes qui permettent aux plus hauts patrimoines d’échapper à la contribution ?
Ces révélations me confortent dans ma détermination à agir pour la justice sociale et la justice fiscale. L’argent existe dans ce pays. La preuve !
13 335 millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu. Et vous ?
Publié le 25 février 2026Cette réalité illustre l’ampleur des mécanismes d’optimisation fiscale agressive qui, par le jeu combiné des dispositifs dérogatoires, des crédits d’impôt et des montages via des holdings, permettent d’échapper à l’impôt.

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Moyen-Orient: "Notre capacité collective à faire respecter le droit doit être démontrée"
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La situation au Proche et Moyen-Orient est catastrophique avec trois semaines d’escalade continue et une déstabilisation de la région et de l’équilibre du monde. Si l’exécutif a exprimé la position de la France, le Parlement doit jouer son rôle : débattre, éclairer, contribuer aux choix qui nous engagent.
Voilà ce qu'a affirmé la présidente du groupe CRCE-K, Cécile Cukierman, lors du débat au Sénat. Voici son discours :
"Nous condamnons sans ambiguïté la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Monsieur Cadic, quels que soient notre position intransigeante envers le régime iranien et nos combats pour les droits humains, et notamment ceux des femmes, nous condamnons cette violation du droit international.
La notion de guerre préventive ne repose sur aucun fondement solide. C’est une rupture profonde dans l’équilibre du monde, dont nous mettrons des années à mesurer les conséquences.
L’histoire nous enseigne que l’on n’impose pas la démocratie par la guerre, on ne construit pas la liberté sur la destruction. L’agression par les États-Unis et Israël franchit des lignes rouges graves. Les éliminations ciblées sont des exécutions extrajudiciaires qui remettent en cause le droit international. Pire, elles privent le peuple iranien de jugement, de vérité, de réparation - et donc de reconstruction.
En trois semaines, le conflit s’est étendu. Le Liban est touché, l’Irak déstabilisé, les tensions gagnent le Golfe.
C’est une escalade sans fin, dont les peuples paient le prix : des milliers de morts, des millions de déplacés, des villes et infrastructures détruites. À cela s’ajoutent des risques écologiques majeurs, après les frappes sur des installations sensibles.
La fermeture du détroit d’Ormuz fait s’envoler les prix de l’énergie. Qui paie ? Qui en profite ? Nous refusons que la guerre devienne une occasion de spéculation ; de l’agriculture à la plasturgie, des pans entiers de notre économie sont menacés, or rien ne garantit que les spéculateurs d’aujourd’hui seront les bienfaiteurs de demain.
La guerre économique est là, nous la subissons. Pour combien de temps ? Monsieur le Premier ministre, de nombreux pays européens ont déjà pris des mesures ; que comptez-vous faire concrètement ?
L’ordre international est en jeu : une ligne de fracture apparaît entre ceux qui défendent le droit international et ceux qui s’en affranchissent.
L’Europe a su défendre le droit dans d’autres contextes, mais sa parole apparaît hésitante. Le droit s’en trouve fragilisé. Or il n’est crédible que s’il est universel. Nous faisons un choix clair : celui du droit, de la justice, de la paix.
Ces principes doivent s’appliquer partout : à Gaza, en Cisjordanie, au Liban - qui a reçu plus de bombes en trois semaines que l’Iran...
Quel devenir pour le peuple ukrainien, alors que l’interdiction des importations de pétrole russe vient d’être retirée de l’agenda à Bruxelles ? Quel avenir pour Cécile Kohler et Jacques Paris, toujours assignés à l’ambassade de France, dont l’ambassadeur d’Iran estime cyniquement qu’il est possible qu’ils reviennent un jour en France ?
Membre permanent du Conseil de sécurité, seul pays de l’Union doté de l’arme nucléaire, la France porte une voix indépendante. Cela implique de parler clairement à nos alliés, de dire non quand le droit est bafoué, non à la logique de guerre. Des mesures concrètes doivent être prises : embargo sur les armes, sanctions, fin de la complaisance avec certains dirigeants.
C’est notre capacité collective à faire respecter le droit qui doit primer. Ce monde de conflit permanent, d’instabilité, nous ne l’accepterons jamais. Face à des bouleversements majeurs, nous n’avons ni le temps ni les moyens de renoncer au droit. C’est pourquoi nous défendons avec détermination le respect du droit international, la paix et la souveraineté des peuples, seul chemin de paix."
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