Le 7 avril dernier, le Sénat examinait la proposition de loi visant à instaurer une gouvernance claire, juste et solidaire pour le GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Dans un contexte où les collectivités et leurs établissements sont de plus en plus exposés aux risques climatiques, ce texte était attendu.
Les sénateurs du groupe CRCE-K ont fait le choix de l’abstention car, malgré des avancées, le texte reste insuffisant au regard de l’ampleur des besoins des territoires.
La proposition de loi comporte plusieurs évolutions positives. En effet, elle renforce le rôle des établissements publics locaux qui deviennent des acteurs centraux de la coordination à l’échelle des bassins. Elle crée également les plans d’actions pluriannuels d’intérêt commun, destinés à améliorer l’organisation de la solidarité financière entre territoires. Elle rétablit également l’obligation d’un budget annexe dédié à la GEMAPI qui permettra une meilleure lisibilité de la politique publique en la matière.
Mais, ces mesures ne répondent pas à la question centrale posée par les collectivités, celles des moyens.
Le texte repose principalement sur une logique de solidarité entre les territoires. Ce principe est légitime mais insuffisant. Il consiste à mieux répartir les ressources sans en augmenter le volume global. Or, les besoins sont considérables. Les coûts des travaux nécessaires sur les ouvrages transférés se chiffrent en milliards d’euros et dans le même temps, les moyens de l’État diminuent. Le fonds vert qui devait accompagner la transition écologique a été fortement réduit entre 2024 et 2026, le fonds Barnier dédié à la prévention des risques naturels demeure lui aussi très limité. Le transfert des digues en 2024 en est une illustration concrète. Ces infrastructures ont été confiées aux intercommunalités sans évaluation complète de leur état ni compensation financière adaptée. Ce transfert s’apparente davantage à un transfert de charges qu’à un réel accompagnement.
La fiscalité locale ne peut à elle seule combler cet écart. La taxe GEMAPI plafonnées est insuffisante et inégalitaire selon les territoires. Dans le même temps, l’accès à l’assurance devient de plus en plus difficile avec un retrait progressif des assureurs face à l’augmentation des risques.
Ces constats posent une question de fond sur le rôle de l’État. Les collectivités territoriales et leurs établissements ne peuvent pas assumer seules les responsabilités aussi lourdes alors même que les risques liés aux inondations sont de plus en plus élevés.
Alexandre Basquin, Michelle Gréaume et les membres du groupe CRCE-K continueront de défendre une mobilisation réelle de la solidarité nationale, une compensation effective des charges transférées de l’État vers les collectivités et l’ouverture d’un débat sur la mise en place de nouveaux outils publics pour faire face à ces risques.
GEMAPI : les collectivités en première ligne, l’État en retrait
Publié le 22 avril 2026Les sénateurs du groupe CRCE-K ont fait le choix de l’abstention car, malgré des avancées, le texte reste insuffisant au regard de l’ampleur des besoins des territoires.

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Lors des Questions au Gouvernement, la sénatrice Céline Brulin est revenue sur la forte diminution du Fonds vert et le manque de moyens qui empêchent les communes d'agir comme elles le souhaiteraient alors que les vagues de chaleur se succèdent.
Voici son discours
"Dans cette vague de chaleur exceptionnelle, les maires sont en première ligne, souvent seuls, par exemple pour décider de fermer ou non leur école.
Qui admettre prioritairement quand une seule classe est tempérée ? Comment organiser un accueil minimal ? Que dire aux parents qui vivent dans de petits logements où il fait plus chaud qu'à l'école ?
Cette canicule n'est pas une surprise, les scientifiques alertent depuis des décennies. Dès la fin mai, nous avons subi un épisode inquiétant.
En 2022, le président Macron appelait à ce qu'on lance la rénovation de nos écoles. « On », ce sont les collectivités. Mais quand le Fonds vert passe de 2,5 milliards à 650 millions d'euros en trois ans, difficile de végétaliser des cours ou d'isoler des bâtiments... Rénovations comme constructions ne sont subventionnées qu'à 20 %, tout au plus 30 %. Les restes à charge sont insoutenables, alors que DETR, DSIL et Fonds vert cumulés ont fondu de moitié.
Face aux canicules, nous avons pourtant besoin de plus de services publics : piscines ouvertes, activités adaptées, parcs sécurisés, une eau moins chère - voire gratuite, en cas d'épisode extrême. Allez-vous enfin entendre que les collectivités ont besoin de moyens ?
Nous savons tous que, des vagues de chaleur, il y en aura d'autres. Or le Fonds vert a été divisé par trois ! Le Gouvernement n'a qu'une chose à annoncer aujourd'hui : le rétablissement de ces crédits plutôt que de faire l'inventaire des missions budgétaires et de nous expliquer comment installer un panneau solaire."
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